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Une cinquantaine d’adhérents de Haute-Garonne, du Gers et d’Ariège ont fait le déplacement à Lattes. Après notre arrivée sur les lieux au Mas de Saporta à côté de Montpellier, nous prenons un déjeuner en commun au restaurant du domaine.  - Certains, cependant, profitent de la verdure et du soleil.
Robert Rochefort qui arrive vient nous saluer à la fin de notre repas, puis certains d’entre nous vont prendre position dans la salle de conférence tandis que d’autres qui se sont attardés à table ont la chance d’assister à l’arrivée de F Bayrou, qui vient les saluer. La salle se remplit peu à peu de nombreux adhérents et sympathisants de tout le sud-ouest, on doit rajouter des chaises. Environ 500 personnes sont présentes, ainsi que la presse et la télé (au moins la 3). La convention démarre à 14h50 par une introduction par Marielle de Sarnez qui rappelle qu’il s’agit de la 8ème convention nationale pour préparer les européennes tenue par le MoDem dans toute la France depuis mars. 8 conventions tenues chacune dans une région de France avec chaque fois un sujet du programme du MoDem traité (économie, aménagement du territoire, agriculture et pêche, développement durable, libertés publiques, politique étrangère, Europe sociale,..). Nos détracteurs devront bien finir par admettre que nous avons un programme complet, que nous sommes probablement les seuls à avoir un programme aussi complet. Puis nous avons un mot de bienvenue donné par Marc Dufour, en charge du MoDem 34, qui nous reçoit, et qui est candidat en 3ème position sur la liste Sud-Ouest derrière Robert Rochefort et Anne Laperrouze. Ensuite notre tête de liste Robert Rochefort explique la richesse de notre région Sud-Ouest, ainsi que certains enjeux qui font l’actualité, vis à vis de l’Europe, comme la question du coupage du vin pour faire du « rosé », qui inquiète par exemple et entre autres les viticulteurs du Languedoc Roussillon, la question du dédommagement des forestiers suite aux tempêtes de l’hiver dernier, qui suscite l’incompréhension des forestiers côté Aquitaine, les étudiants désespérés (« en pleurs »), commerçants, artisans, pêcheurs, autant de groupes de personnes qui ne sont pas écoutés ni entendus. Robert Rochefort insiste sur le besoin de bâtir l’Europe que nous voulons AVEC toutes ces personnes qui sont les plus compétentes pour savoir ce que l’Europe peut leur apporter. Robert Rochefort insiste sur le dynamisme des trois régions de la circonscription du Sud-Ouest, en terme de pourcentage du PIB consacré à la recherche en particulier, et il rappelle aussi surtout l’importance des réalités humaines pour pouvoir bâtir une Europe efficace.  -
Puis Jean-Pierre Rioux, historien, rappelle l’histoire et les valeurs de ‘Europe, depuis sa création. Ces valeurs morales, et spirituelles, sont le patrimoine commun de l’Europe. Il s’agit de liberté individuelle, de liberté politique, de pré-éminence du droit, bref de démocratie Cette identité de l’Europe est une vieille aventure qui remonte dans l’histoire, c’est une démarche, plus, ou autant, qu’un modèle.. Il s’agit de faire une Europe unie et plurielle, qui considère la promotion d’une citoyenneté européenne plus forte, basée sur la reconnaissance de la dignité de la personne. Il s’agit là de développer le sens du « bien commun rapporté à la personne », et non pas l’individualisme. Puis Jean Peyrelevade nous décrit sa compréhension du modèle européen économique que nous devons bâtir. Il commence par une analyse comparée des 2 crises de 1929 et de 2008-2009, leurs points communs, leurs différences dans leur survenue et dans les actions prises pour les résoudre. Ces 2 crises sont le résultat direct du modèle économique et financier anglo-saxon de ces dernières décennies.. Elles ont toutes les 2 commencé avec le dérapage du système bancaire, et chaque fois d’abord aux Etats-Unis. Chaque fois à cause d’un défaut de régulation de la sphère financière aux Etats-Unis ; la différence est qu’en 2008 la propagation s’est faite au reste du monde de façon quasi instantanée, alors qu’en 1929 du fait de la seule économie réelle, la propagation a été lente Ces crises ont eu parmi leurs causes essentielles le modèle anglo-saxon qui est une agrégation de cupidités individuelles, une rentabilité excessive promise aux biens du capital qui a entraîné des bulles d’augmentations inconsidérées des prix sur les biens du capital (bourse, immobilier,..) : et ces bulles ont éclaté. En 1929 des mesures déflationnistes avaient été prises, ainsi que des surenchères protectionnistes…çà s’est plus ou moins mal terminé. Aujourd’hui il y a des efforts de relance mais elles sont désordonnées, insuffisantes, mais c’est quand même de la relance. Cependant beaucoup de gens souffrent. Les pistes de solution à cette dernière crise passent par le modèle européen, et il faut changer de modèle économique. La crise est partie des Etats Unis, il faut réguler avec, et s’il le faut contre, les Etats Unis. Or aujourd’hui nous avons 27 régulateurs en Europe (27 pays), il nous faut un régulateur unique. La crise s’est diffusée vite : il faut bâtir des « cloisons étanches », promouvoir la transparence, il faut la fin absolue des paradis fiscaux. Il faut protéger le système bancaire pour ce qui est des banques de dépôt, donc séparer les banques d’investissements des banques de dépôt. Il faut mettre fin au système d’agrégation des cupidités individuelles. Un programme d’une telle ambition ne peut être qu’européen. Par exemple le système de rémunération des patrons en stock options est aberrant. Il faut donner à l’Europe les moyens et les outils pour cette régulation. L’Europe, réunie, a un PIB et une population supérieurs à ceux des Etats Unis. S'en suit une série d’échanges entre la tribune et la salle, avec une question sur l’économie pour l’environnement et le développement durable, à laquelle J Peyrelevade répond qu’il n’y a pas d’assurance qu’une telle économie soit elle-même à l’abri d’une crise, une autre question sur les fonds privés ou publics pour financer des travaux comme le 2d EPR (énergie nucléaire) , à laquelle Anne Laperrouze répond, en parlant du plan pluriannuel qui est en cours de définition (plan jusqu’à 2050) et elle s’étonne qu’on ait investi pour un 2nd EPR sans avoir encore la visibilité sur ce plan pluriannuel. Egalement il est dit que l’Europe doit absolument devenir plus autonome pour son énergie. Puis François Bayrou présente Guy Verhofstadt et Francesco Rutelli.  -
Francesco Rutelli a contribué avec Romano Prodi et François Bayrou a la création du PDE (Parti Démocrate Européen). Il est membre du gouvernement italien. Il a été élu sénateur en 2008 avec le parti démocrate. Il fait partie de la Commission Parlementaire pour les Affaires Etrangères. Il est Président de la Commission Parlementaire pour la Sécurité de la République. Ancien maire de Rome de 1993 au 2001. Pendant le Gouvernement Prodi II (2006-2008) il a été Ministre de la Culture et Vice-président du Conseil des Ministres. Dans un excellent exposé Francesco Rutelli expose sa vision pour l’Europe. L’importance de l’unité et de la diversité en même temps, de l’identité et du pluralisme ; l’importance d’une communauté européenne de l’énergie ; l’importance pour l’environnement ; le besoin de poser dans l’Europe d’aujourd’hui nos objectifs pour l’Europe de demain ; le besoin de bâtir un leadership européen, d’où le besoin d’avoir un président de la Commission Européenne qui soit un leader, qui ait de la vision, de l’intégrité et du courage (F Bayrou reviendra ultérieurement sur les propositions de remplacement de Mr Barroso) Il explique que les démocrates indiens (qui font partie de ce même réseau de démocrates qui se tisse dans le monde) viennent de gagner des élections très difficiles (700 millions de votants, 1 mois d’élection. Il cite Gandhi et rappelle ses racines quelque part européennes de par son éducation en Grande-Bretagne. Puis nous avons une intervention de Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge (pendant 9 ans) Il avait été proposé pour prendre la suite de Romano Prodi en 2004 à la tête de la Commission Européenne, soutenu en particulier par la France et l’Allemagne, mais la Grande-Bretagne s’y était opposée (à cause de son opposition à la guerre en Irak) et finalement c’est Jose Manuel Barroso qui avait été retenu. Il est de nouveau proposé par le MoDem pour être candidat à la succession de Mr Barroso à la présidence de la commission européenne. Il a écrit un livre qui va paraître en France dans les prochains jours (déjà paru à l’étranger) : « Issue à la crise : comment l’Europe peut sauver le monde (chez Acte Sud) » Guy Verhofstadt explique combien l’élection européenne est cruciale ; On va par notre vote maintenant décider si l’on veut continuer de façon dispersée à 27 face à la crise où si l’on veut un seul plan européen. Par exemple le problème bancaire n’a pas été réglé, il faut le faire au niveau européen. Or il n’y a actuellement aucun plan que la Commission Européenne soit en train d’essayer de proposer.. Le plan de relance c’est 600 milliards d’euros aux USA, c’est 27 petits plans en Europe.. Il faut briser l’omerta sur le manque de leadership et de dynamisme en Europe Le PDE auquel est affilié le MoDem (et qui a été créé par le MoDem et d’autres partis démocrates européens) demande à la Commission un plan avant l’été, avec : - le nettoyage des toxiques qui sont toujours dans le circuit bancaire
- un plan d’investissement européen équivalent à celui des Etats Unis
- la façon de dégager l’argent nécessaire, par exemple sur les capitaux internationaux : les chinois achètent des bons du trésor américain, parce qu’il n’existe pas de bons du trésor européens.
Donc ces élections sont aussi un moyen de faire pression en ce sens sur la Commission. La dernière partie de cette convention est la conclusion de François Bayrou. Il nous présente notre slogan de campagne : NOUS, L’EUROPE. - Nous, parce que l’Europe c’est nous, parce que nous nous révoltons contre la présentation qui est faite généralement que l’Europe est quelque chose d’extérieur à nous, d’extérieur à la France, où des décisions seraient prises sans nous (alors que nos pourtant gouvernants y participent et votent lorsqu’ils sont sur place mais la dénigrent une fois de retour en France)
- Nous, parce que nous avons quelque chose à dire, nous l’Europe, au reste du monde.. Notre Europe n’est pas seulement le marché européen qui a été construit, c’est surtout une vision et une volonté sur les grands choix au niveau de la planète, c’est porter les exigences et les valeurs du projet de société européenne.
- Nous l’Europe, car c’est en plus notre famille politique qui a été à son origine avec Robert Schumann et Jean Monnet en 1950.
Puis François Bayrou termine avec une partie plus « politique » en dénonçant les « canonnades » auxquelles le MoDem est soumis depuis quelque temps de la part des autres partis politiques, ce qui démontre qu’il dérange. D’abord de la part du PS qui semble d’un coup considérer que c’est une anomalie que de s’opposer, et pourtant, pour préserver au mieux nos valeurs pour nous et nos enfants, nous avons le devoir de nous opposer. Pour François Bayrou plus qu’un droit d’opposition c’est un DEVOIR d’opposition que nous avons : - La pauvreté augment de plus en plus, le nombre de personnes en France qui vivent au dessous du seuil de pauvreté a encore augmenté .
- Des pans entiers d’activités sont en désespérance : éducation, recherche, université, médecine y compris privée, hôpitaux publics, justice, paysans (il faut défendre les exploitations exploitations familiales et pas les « usines à lait » qu’on nous propose) : Nous avons un devoir d’opposition. Il faut des lois anti-trusts, ce sera dans notre programme aussi.
Autre « canonnade » : on entend dire que nous n’aurions pas de programme. Nous sommes probablement les seuls à en avoir un d’aussi élaboré et aussi pertinent. L’expérience de la présidentielle de 2007 montre qu’il faut communiquer davantage ce programme. Donc il va être envoyé dans les prochains jours par e-mail à tous les adhérents, et on va leur demander de le faire suivre à tous leurs contacts par Internet, afin d’essayer de toucher des millions d’internautes. Il sera également envoyé aux autres responsables des partis politiques, et on leur demandera de le transférer eux-mêmes à leurs adhérents afin que ceux-ci puissent comparer avec leur propre programme. La 3ème canonnade vient de l’UMP et des verts qui souhaitent qu’on ne mélange pas affaires françaises et européennes . Or justement pour nous c’est lié. Le sujet européen est en même temps français. Décider d’un grand plan européen coordonné : c’est une question nationale et européenne en même temps. Réguler la fiscalité : c’est une question à la fois nationale et européenne. Pour toute ce qui concerne l’aspect planétaire, notre voix ne peut être portée que par une UNION ACTIVE de l’Europe. La convention se clôt par un apéritif, puis chacun rejoint bus ou voiture. Une fois de plus ce fut une façon de se ressourcer, en écoutant les analyses, la vision et les propositions de nos leaders. Notes prises lors de la Convention nationale pour les Européennes, à Montpellier, dimanche 17 mai 09 (Elisabeth Lavigne , MoDem Colomiers) |